• "La joie de l'amour" - mise en bouche

    Comme nous l'avons évoqué lors de la dernière réunion, Jean-François et moi avons participé samedi à une matinée pour approfondir la récente exhortation apostolique Amoris laetitia.

    Après un temps de prières, Christian Chery a introduit la matinée en précisant que devant l'importance du texte, il convenait de prendre son temps avant d'engager des actions et cela :

    • pour apprendre à connaître et à s'appuyer sur ce qui existe
    • pour travailler sur la transversalité entre services et entre paroisses (dans une logique d'inspiration et non de copie).

    Les personnes présentes, impliquées dans la pastorale des familles au sens large, ont ensuite répondu sur un post-it à la question "Qu'attendiez-vous principalement de tout le cheminement sur la question de la famille ?".

    Je vous livre ma copie : "Que l'Eglise, à l'instar de Jésus montre son visage de MISERICORDE, accueille et accompagne sans jugement les familles dans leur diversité, et plus spécifiquement les familles blessées.".

    J'ai été surprise d'ailleurs par le nombre de participants qui ont évoqué la problématique des divorcés - remariés et ai donc tenu plus avant dans la matinée à témoigner sur le fait que cette problématique du remariage était en quelque sorte l'arbre qui cachait la forêt plus avant dans la réunion et qu'il fallait aussi (et surtout) que l'Eglise soit présente au côté de celles et ceux qui traversent l'épreuve du divorce et ont à se reconstruire.

    Les thèmes saillants dont j'ai pris note sont les suivants :

    • attente d'une parole d'espérance, une parole universelle, qui accueille (sans jugement) et qui soit vraie
    • ouverture (aux familles atypiques)
    • au moins 3 réponses concernant des pistes pour l'accompagnement des jeunes couples et des jeunes parents
    • meilleure connaissance et prise en compte de la réalité des familles (avec bienveillance) ; repères face aux évolutions sociétales
    • au moins 3 réponses également concernant l'accueil et l'accompagnement des familles, dans leurs particularités et sans jugement
    • au moins 3 post-its concernant les divorcés-remariés : question de leur ré-insertion et de la participation à la communion, de l'accès au pardon et à l'eucharistie, de la lutte contre le sentiment d'exclusion
    • souhait que l'Eglise ait une parole concernant le veuvage et les orphelins
    • mise en valeur de la famille, petite Eglise domestique et communauté de base où tout commence

    Guy Lescanne nous a ensuite partagé les nouveautés de cette exhortation

    (et celles et ceux qui l'avaient déjà lu ont aussi fait état de leur sentiment)

    Le pape y insiste fortement sur l'écoute que doit porter l'Eglise au monde. Ce fut tout le sens des consultations, en amont, à vocation pédagogique.

    Le pape s'appuie sur la tradition, pour mettre l'Eglise en marche. Il s'appuie sur le magistère, c'est à dire sur tous les enseignements de l'histoire et remercie ses prédécesseurs pour leurs apports :

    • la famille, première cellule de l'Eglise (Lumen gentium)
    • rien de ce qui est profondément humain ne saurait m'être étranger (Gaudium et spes)

    Le cœur de la parole (de la Bible), c'est Jésus. Nous ne sommes donc pas une religion du Livre. Jésus-Christ n'est pas la propriété des catholiques mais nous sommes ses serviteurs.

    Le pape nous invite à entrer dans la croissance du Corps du Christ.

    L'histoire personnelle (et non individuelle) de chacune, de chacun, doit être respectée.

    Jusque dans les tensions et les maladresses d'Humanae vitae, le pape François prend élan et appui.

    Amoris laetitia est :

    • un texte qui nous met en route, ensemble, autour de la révélation de Jésus-Christ et qui respecte la tradition d'une Eglise en marche, tout en renouvelant.
    • "un événement linguistique" comme l'a notamment dit le cardinal Schönborn chargé de défendre le texte (voir l'entretien de début juillet dans La Croix) parce que le pape comme il nous y a habitué a une parole toute de simplicité et de proximité
    • un document où chacun, quelle que soit sa situation, se retrouve

    Nous avons besoin de nous convertir.

    "La joie de l'amour" - mise en bouchePréambule : Le pape souhaite que l'Eglise soit polyèdre. Qu'elle écoute sereinement et ose le débat.

    Le polyèdre est une figure géométrique en 3 dimensions, qui a beaucoup de faces. On peut y rentrer par l'une ou par l'autre sans que l'une soit meilleure que l'autre comme les avis et positions sur les questions sensibles relatives à la famille.

     Chapitre I : Se mettre à l'écoute de la Parole. Le psaume 128. La Bible c'est la Sainte Famille, oui mais c'est aussi et dès l'origine Adam et Eve (et la chute du jardin), Caïn et Abel ...

    Chapitre II : Les défis de la famille, à l'échelle universelle car avec la globalisation de la pensée les problématiques occidentales tendent à se diffuser notamment en Afrique. L'importance de donner le primat à la conscience - Saint Thomas, et non au libre arbitre. et pour se faire du discernement : les décisions ne se prennent pas seul (accompagnement par le conjoint, un prêtre ...). Grande importance du sacrement du pardon. Et grâce de l'humilité à demander face aux tentations orgueilleuses.

    Chapitre III : La famille est une vocation.

    Chapitre IV : Une méditation sur l'hymne à l'amour de Saint Paul aux corinthiens tout simplement "géniale" pour reprendre les mots du père Lescanne car elle est Christo-centrée et nous amène donc à contempler le Christ.

    • L'amour espère ... Christ espère ...
    • L'amour ne passera jamais ... Christ ne passera jamais

    Chapitre V : La ou les fécondités. L'enfant est un don, un cadeau à accueillir et non un droit. Il y a d'autres manières pour un couple d'être fécond.

    Chapitre VI : Les perspectives pastorales : accompagnement au mariage, accompagnement des jeunes couples. La pastorale des familles doit être polyèdre.

    Chapitre VII : L'éducation des enfants

    On ne se protège pas de l'amour mais on se prépare à le risquer. Il faut arrêter la culture de la préservation, y compris pour les immigrés.

    Chapitre VIII : Accompagner, discerner et intégrer la fragilité (qui rejoint singulièrement notre thème de l'année)

    Chapitre IX : Le besoin d'une spiritualité matrimoniale et familiale. Nous sommes sacrements, c'est à dire signe et moyen de la présence du Christ pour les autres.

    Ouverture : Prière à la Sainte Famille

    Après une courte pause, une présentation a été effectué de ce qui existait dans notre diocèse :

    1. Madame Claude Guary, du cabinet chrétien Raphael (18, rue de Metz à Nancy - 06.70.28.16.98) assure un conseil conjugal et familial
    2. Thierry Legrand a présenté l'expérience Chrétiens divorcés et la nécessité d'accueillir un autre groupe pour faire vivre à d'autres la richesse de ce que nous avons partagé les deux dernières années
    3. nous avons eu une présentation des équipes tandem qui permettent à des couples fraîchement mariés de cheminer encore au moins 2 ans ensemble et sous le regard d'un couple aîné qui les écoute et conseille : 22 thèmes et donc 22 réunions permettent de réfléchir individuellement, de se préparer en couple puis de partager au sein du groupe.

    Le père Guy Lescanne nous a ensuite introduit aux perspectives concrètes de l'exhortation.

    Le pape insiste sur la tendresse qui doit être vécue en premier dans les familles.

    Il appelle à la chasteté (différente de la continence) qui signifie n'avoir aucune relation possessive avec le conjoint, les enfants, les amis ... La première figure de chasteté est Marie-Madeleine.

    Il nous dit que le temps est supérieur à l'espace. L'espace fixe un cadre, mais cela peut enfermer alors que la vie est un chemin qui prend son temps. I faut créer des processus plutôt que dominer des espaces dans l'éducation des enfants. Le cadre, qu'est l'exhortation, permet aux églises particulières de fixer le terrain de jeu mais leur laisse le temps. la loi n'est pas un enfermement mais un cadre pour cheminer.

    Il nous faut donc travailler ensemble, en Eglise, sous l'impulsion de l'Esprit.

    Le pape remet en valeur la conscience, que l'on doit suivre (déjà présente sous Jean-Paul II). Le travail du chrétien est donc de former sa conscience, en Eglise.

    Juger un acte est possible, mais jamais une personne.

    L'espace fixe un objectif vers lequel aller, progressivement en fonction du parcours et du vécu de chacun. La loi reste mais en vertu du principe de gradualité l'Eglise se fait miséricorde et ne laisse personne en chemin.

    Il faut vivre l'accompagnement : marcher avec les autres et pour cela être accompagné soit même.

    Le pape formule un point d'attention particulier concernant la formation des séminaristes, qui doivent aider les gens à avancer.

    La matinée s'est conclue par un temps d'échanges, tant sur le contenu de l'exhortation que sur les propositions pastorales concrètes à proposer dans le diocèse.


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