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    Ta Parole est comme du pain. Donne-nous de La savourer, et d'accompagner avec Elle tous les moments de nos vies,
    comme le pain accompagne es plats de la table.

    Ta Parole est comme l'eau. Rafraîchis-nous à sa Source, plonge-nous dans son Courant.

    Ta Parole est comme le feu. Qu'Elle nous éclaire, sans nous éblouir, nous réchauffe, sans nous brûler, nous embrase,
    sans nous dévorer.

    Ta Parole est comme le ciel. Élargis-nous en Elle, pour que nous connaissions la hauteur et la profondeur de tout ce qui est.

    Ta Parole est comme la terre. Enracine-nous en Elle, pour que nous éprouvions la solidité et la constance de tout ce que Tu donnes,
    exiges et promets.

    Amen. 

    Pasteur André Dumas (Merci à Franz Salésiens CoopBelSud)


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  • Voici le message du Pape François pour le Carême 2017, qui s'ouvrira le 1er mars avec la célébration du Mercredi des Cendres. Ce texte, axé sur la parabole de Lazare et de l'homme riche dans l'Évangile de Luc, a été rendu public par le Vatican ce mardi 7 février.

    «Chers Frères et Sœurs,

    Le Carême est un nouveau commencement, un chemin qui conduit à une destination sûre : la Pâques de la Résurrection, la victoire du Christ sur la mort. Et ce temps nous adresse toujours un appel pressant à la conversion : le chrétien est appelé à revenir à Dieu «de tout son cœur» (Jl 2,12) pour ne pas se contenter d’une vie médiocre, mais grandir dans l’amitié avec le Seigneur. Jésus est l’ami fidèle qui ne nous abandonne jamais, car même lorsque nous péchons, il attend patiemment  notre retour à Lui et, par cette attente, il manifeste sa volonté de pardon (cf. Homélie du 8 janvier 2016).

    Le Carême est le moment favorable pour intensifier la vie de l’esprit grâce aux moyens sacrés que l’Église nous offre: le jeûne, la prière et l’aumône. A la base de tout il y a la Parole de Dieu, que nous sommes invités à écouter et à méditer avec davantage d’assiduité en cette période. Je voudrais ici m’arrêter en particulier sur la parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare (cf. Lc 16,19-31). Laissons-nous inspirer par ce récit si important qui, en nous exhortant à une conversion sincère, nous offre la clé pour comprendre comment agir afin d’atteindre le vrai bonheur et la vie éternelle.

    L’autre est un don

    La parabole commence avec la présentation des deux personnages principaux ; cependant le pauvre y est décrit de façon plus détaillée : il se trouve dans une situation désespérée et n’a pas la force de se relever, il gît devant la porte du riche et mange les miettes qui tombent de sa table, son corps est couvert de plaies que les chiens viennent lécher (cf. vv. 20-21). C’est donc un tableau sombre, et l’homme est avili et humilié.

    La scène apparaît encore plus dramatique si l’on considère que le pauvre s’appelle Lazare : un nom chargé de promesses, qui signifie littéralement «Dieu vient en aide». Ainsi ce personnage ne reste pas anonyme mais il possède des traits bien précis ; il se présente comme un individu avec son histoire personnelle. Bien qu’il soit comme invisible aux yeux du riche, il nous apparaît connu et presque familier, il devient un visage; et, comme tel, un don, une richesse inestimable, un être voulu, aimé, dont Dieu se souvient, même si sa condition concrète est celle d’un déchet humain (cf. Homélie du 8 janvier 2016).

    Lazare nous apprend que l’autre est un don. La relation juste envers les personnes consiste à reconnaître avec gratitude leur valeur. Ainsi le pauvre devant la porte du riche ne représente pas un obstacle gênant mais un appel à nous convertir et à changer de vie. La première invitation que nous adresse cette parabole est celle d’ouvrir la porte de notre cœur à l’autre car toute personne est un don, autant notre voisin que le pauvre que nous ne connaissons pas. Le Carême est un temps propice pour ouvrir la porte à ceux qui sont dans le besoin et reconnaître en eux le visage du Christ. Chacun de nous en croise sur son propre chemin. Toute vie qui vient à notre rencontre est un don et mérite accueil, respect, amour. La Parole de Dieu nous aide à ouvrir les yeux pour accueillir la vie et l’aimer, surtout lorsqu’elle est faible. Mais pour pouvoir le faire il est nécessaire de prendre au sérieux également ce que nous révèle l’Évangile au sujet de l’homme riche.

    Le péché nous rend aveugles

    La parabole met cruellement en évidence les contradictions où se trouve le riche (cf. v. 19). Ce personnage, contrairement au pauvre Lazare, ne possède pas de nom, il est seulement qualifié de “riche”. Son opulence se manifeste dans son habillement qui est exagérément luxueux. La pourpre en effet était très précieuse, plus que l’argent ou l’or, c’est pourquoi elle était réservée aux divinités (cf. Jr 10,9) et aux rois (cf. Jg 8,26). La toile de lin fin contribuait à donner à l’allure un caractère quasi sacré. Bref la richesse de cet homme est excessive d’autant plus qu’elle est exhibée tous les jours, de façon habituelle: «Il faisait chaque jour brillante chère» (v.19). On aperçoit en lui, de manière dramatique, la corruption du péché qui se manifeste en trois moments successifs: l’amour de l’argent, la vanité et l’orgueil (cf. Homélie du 20 septembre 2013).

    Selon l’apôtre Paul, «la racine de tous les maux c’est l’amour de l’argent» (1 Tm 6,10). Il est la cause principale de la corruption et la source de jalousies, litiges et soupçons. L’argent peut réussir à nous dominer et devenir ainsi une idole tyrannique (cf. Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n. 55). Au lieu d’être un instrument à notre service pour réaliser le bien et exercer la solidarité envers les autres, l’argent peut nous rendre esclaves, ainsi que le monde entier, d’une logique égoïste qui ne laisse aucune place à l’amour et fait obstacle à la paix.

    La parabole nous montre ensuite que la cupidité rend le riche vaniteux. Sa personnalité se réalise dans les apparences, dans le fait de montrer aux autres ce que lui peut se permettre. Mais l’apparence masque le vide intérieur. Sa vie reste prisonnière de l’extériorité, de la dimension la plus superficielle et éphémère de l’existence (cf. ibid., n. 62).

    Le niveau le plus bas de cette déchéance morale est l’orgueil. L’homme riche s’habille comme un roi, il singe l’allure d’un dieu, oubliant d’être simplement un mortel. Pour l’homme corrompu par l’amour des richesses, il n’existe que le propre moi et c’est la raison pour laquelle les personnes qui l’entourent ne sont pas l’objet de son regard. Le fruit de l’attachement à l’argent est donc une sorte de cécité : le riche ne voit pas le pauvre qui est affamé, couvert de plaies et prostré dans son humiliation.

    En regardant ce personnage, on comprend pourquoi l’Évangile est aussi ferme dans sa condamnation de l’amour de l’argent : «Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent» (Mt 6,24). 

    La Parole est un don

    L’évangile du riche et du pauvre Lazare nous aide à bien nous préparer à Pâques qui s’approche. La liturgie du Mercredi des Cendres nous invite à vivre une expérience semblable à celle que fait le riche d’une façon extrêmement dramatique. Le prêtre, en imposant les cendres sur la tête, répète ces paroles : «Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière». Le riche et le pauvre, en effet, meurent tous les deux et la partie la plus longue du récit de la parabole se passe dans l’au-delà. Les deux personnages découvrent subitement que «nous n’avons rien apporté dans ce monde, et nous n’en pourrons rien emporter» (1 Tm 6,7).

    Notre regard aussi se tourne vers l’au-delà, où le riche dialogue avec Abraham qu’il appelle «Père» (Lc 16, 24 ; 27) montrant qu’il fait partie du peuple de Dieu. Ce détail rend sa vie encore plus contradictoire car, jusqu’à présent, rien n’avait été dit sur sa relation à Dieu. En effet dans sa vie, il n’y avait pas de place pour Dieu, puisqu’il était lui-même son propre dieu.

    Ce n’est que dans les tourments de l’au-delà que le riche reconnaît Lazare et il voudrait bien que le pauvre allège ses souffrances avec un peu d’eau. Les gestes demandés à Lazare sont semblables à ceux que le riche aurait pu accomplir et qu’il n’a jamais réalisés. Abraham néanmoins lui explique que «tu as reçu tes biens pendant ta vie et Lazare pareillement ses maux; maintenant ici il est consolé et toi tu es tourmenté» (v.25). L’au-delà rétablit une certaine équité et les maux de la vie sont compensés par le bien.

    La parabole acquiert une dimension plus large et délivre ainsi un message pour tous les chrétiens. En effet le riche, qui a des frères encore en vie, demande à Abraham d’envoyer Lazare les avertir ; mais Abraham répond : «ils ont Moïse et les Prophètes ; qu’ils les écoutent» (v. 29). Et devant l’objection formulée par le riche, il ajoute : «Du moment qu’ils n’écoutent pas Moïse et les Prophètes, même si quelqu’un ressuscite d’entre les morts, ils ne seront pas convaincus» (v.31).

    Ainsi se manifeste le vrai problème du riche : la racine de ses maux réside dans le fait de ne pas écouter la Parole de Dieu ; ceci l’a amené à ne plus aimer Dieu et donc à mépriser le prochain. La Parole de Dieu est une force vivante, capable de susciter la conversion dans le cœur des hommes et d’orienter à nouveau la personne vers Dieu. Fermer son cœur au don de Dieu qui nous parle a pour conséquence la fermeture de notre cœur au don du frère.

    Chers frères et sœurs, le Carême est un temps favorable pour nous renouveler dans la rencontre avec le Christ vivant dans sa Parole, dans ses Sacrements et dans le prochain. Le Seigneur qui – au cours des quarante jours passés dans le désert a vaincu les pièges du Tentateur – nous montre le chemin à suivre. Que l’Esprit Saint nous aide à accomplir un vrai chemin de conversion pour redécouvrir le don de la Parole de Dieu, être purifiés du péché qui nous aveugle et servir le Christ présent dans nos frères dans le besoin. J’encourage tous les fidèles à manifester ce renouvellement spirituel en participant également aux campagnes de Carême promues par de nombreux organismes ecclésiaux visant à faire grandir la culture de la rencontre au sein de l’unique famille humaine. Prions les uns pour les autres afin que participant à la victoire du Christ nous sachions ouvrir nos portes aux faibles et aux pauvres. Ainsi nous pourrons vivre et témoigner en plénitude de la joie pascale.

    Du Vatican, le 18 octobre 2016 -  Fête de Saint Luc, évangéliste»

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  • Dans un message publié le 1er février 2017 à propos de l’interprétation de l’exhortation apostolique du pape François Amoris laetitia, la Conférence des évêques d’Allemagne estime qu’il “faut respecter une décision des fidèles de recevoir les sacrements”. En d’autres termes, que les divorcés remariés peuvent avoir accès à la communion dans des cas particuliers.

    Les évêques allemands précisent cependant d’emblée qu’il ne s’agit pas “d’automatisme en direction d’un accès général de tous les divorcés remariés aux sacrements”. La décision en conscience ne peut être que le résultat d’un examen sérieux et d’une démarche spirituelle accompagnée par un prêtre. A la fin de ce processus, l’accès au sacrement de réconciliation et à l’eucharistie ne sera pas forcément accordé dans tous les cas.

    Pour les évêques allemands, l’indissolubilité du mariage appartient au trésor intangible de la foi de l’Église. Néanmoins, le pape François appelle à un regard différencié sur chaque situation de vie. Personne ne doit être condamné pour l’éternité. Les personnes concernées doivent expérimenter que l’Église ne les laisse pas tomber.

    Des solutions différenciées

    C’est pourquoi, pour l’Église allemande, des solutions différenciées doivent pouvoir être examinées lorsque la reconnaissance de la nullité d’un mariage n’est pas possible. Il faut à la fois éviter une attitude trop laxiste et un comportement trop sévère.

    Le message épiscopal insiste aussi sur de nouvelles voies pour la préparation au mariage et l’accompagnement des époux. Les évêques veulent ainsi renforcer la conception du mariage et de la famille comme lieu d’apprentissage de la foi. Ce qui implique aussi d’accompagner les familles en difficulté.

    Un vif débat depuis Amoris laetitia

    Jusqu’à présent les catholiques qui après un divorce se sont remariés civilement sont exclus du sacrement de la communion, à moins qu’ils vivent dans la chasteté en frère et sœur. En se basant pour cela sur le texte de l’évangile, dans lequel Jésus interdit de “séparer ce que Dieu a uni”.

    Lors du Synode sur la famille et depuis la parution d’Amoris laetitia en avril 2016, de vifs débats ont éclaté sur la question des divorcés remariés. Plusieurs cardinaux ont mis en cause l’ouverture du pape François en leur faveur. Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal allemand Gerhard-Ludwig Müller, s’est exprimé le même jour pour rappeler les principes intangibles de l’Eglise.

    La Conférence des évêques suisses (CES) s’est penchée en juin 2016 sur la lecture et l’interprétation d’Amoris laetitia. Une journée d’étude interne est planifiée pour le 9 mars. (cath.ch/kna/mp)

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  • Cette semaine, dans l'émission Halte spirituelle diffusée les matins à 5h30 Véronique Alzieu explore ce qui est notre thème de l'année, avec Monseigneur Emmanuel Gobilliard , évêque auxiliaire du diocèse de Lyon.

    Qui d'entre nous n'a jamais souffert ? N'a jamais éprouvé sa faiblesse, ressenti un manque ? Pour Mgr Emmanuel Gobilliard, admettre ses blessures est quelque chose de très chrétien.

    Et si la vulnérabilité était une force? Se rendre vulnérable, c'est accueillir ses fragilités et ses blessures pour laisser Dieu les habiter et en faire quelque chose. La vulnérabilité, Mgr Emmanuel Gobilliard en a fait l'expérience, lorsqu'il a accompagné des personnes malades et notamment du sida, quand il vivait auprès de personnes en situation de grande pauvreté à Madagascar ou encore lorsque lui-même a été hospitalisé. Des moments où il a été "proche de Dieu", où il se sentait "le plus chrétien". Dans la religion chrétienne, l'idée de vulnérabilité n'est pas contradictoire avec l'image de Dieu.

    Cette semaine, dans Halte Spirituelle, l'évêque commente ce passage de la lettre de saint Paul aux Corinthiens: "Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort" (2Co, 12, 10). 

    "Le point de départ de l'amour, c'est de dire à l'autre J'ai besoin de toi".

    Dans un monde où il faut être debout, conquérant, les chrétiens parlent de la faiblesse et de la fragilité comme d'une attitude intérieure à avoir. N'y a-t-il pas un malentendu ? Pourquoi les chrétiens ont-ils l'air de prêter plus attention à la faiblesse et à la détresse des hommes ? Pour Mgr Emmanuel Gobilliard, c'est se montrer réaliste. Et la force n'est souvent qu'une façade. Qui d'entre nous n'a jamais souffert ?

    Découvrir sa faiblesse et sa fragilité, c'est se rendre compte que l'on a besoin de l'autre, et de Dieu. "Le point de départ de l'amour, c'est de dire à l'autre J'ai besoin de toi".

    Les 5 émissions seront partagées au fur et à mesure sur le site rcf et je viendrai donc compléter cet article pour que vous puissiez les écouter quand vous en aurez le temps ou l'envie.

    Marie-Aude

    Émission 1/5 du lundi 30 janvier 2017 :

    Émission 2/5 du mardi 31 janvier 2017 :

    Émission 3/5 du mercredi 1er février 2017 :

     

    Émission 4/5 du jeudi 2 février 2017 :

     

    Émission 5/5 du vendredi 3 février 2017 :

     


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  • Catéchèse du pape François sur Judith (Traduction intégrale)

    Chers frères et sœurs, bonjour !

    Parmi les figures de femmes que l’Ancien Testament nous présente, celle d’une grande héroïne du peuple ressort : Judith. Le livre biblique qui porte son nom raconte l’imposante campagne militaire du roi Nabucodonosor qui, régnant à Ninive, élargit les frontières de l’empire en battant et asservissant tous les peuples alentour. Le lecteur comprend qu’il se trouve devant un grand ennemi, invincible, qui sème la mort et la destruction et qui arrive enfin en Terre Promise, mettant en danger la vie des fils d’Israël.

    L’armée de Nabucodonosor, en effet, sous la conduite du général Holopherne, assiège une ville de Judée, Béthulie, coupant le ravitaillement en eau et affaiblissant ainsi la résistance de la population.

    La situation devient dramatique, au point que les habitants de la ville s’adressent aux anciens leur demandant de se rendre à l’ennemi. Leur paroles sont désespérées : « Maintenant, il n’y a personne pour nous porter secours. Au contraire, Dieu nous a vendus pour que nous tombions entre leurs mains, que nous soyons terrassés par la soif devant eux et que nous subissions de lourdes pertes. Faites-les donc venir maintenant et livrez la ville entière au pillage de la troupe d’Holopherne et de toute son armée ! » (Jdt 7,25-26). La fin semble désormais inéluctable, la capacité à mettre sa confiance en Dieu s’est épuisée. La capacité à mettre sa confiance en Dieu s’est épuisée. Et combien de fois arrivons-nous à des situations de limite où nous ne sentons même pas la capacité à avoir confiance dans le Seigneur. C’est une tentation terrible ! Et, paradoxalement, il semble que, pour fuir la mort, il ne reste qu’à s’en remettre entre les mains de ceux qui tuent. Ils savent que ces soldats vont entrer pour saccager la ville, prendre les femmes comme esclaves et puis tuer tous les autres. C’est vraiment « la limite ».

    Et devant un tel désespoir, le chef du peuple tente de proposer un motif d’espérance : résister encore cinq jours en attendant l’intervention salvifique de Dieu. Mais c’est une espérance faible qui lui fait conclure : « Mais si ces jours s’écoulent sans qu’il nous vienne du secours, alors j’agirai selon vos paroles. » (7,31). Pauvre homme : il était sans issue. Cinq jours sont concédés à Dieu – et c’est là qu’est le péché – cinq jours sont concédés à Dieu pour intervenir ; cinq jours d’attente, mais déjà avec la perspective de la fin. Ils concèdent cinq jours à Dieu pour qu’il les sauve mais ils savent qu’ils n’ont pas confiance, ils s’attendent au pire. En réalité, plus personne, dans le peuple, n’est encore capable d’espérer. Ils étaient désespérés.

    C’est dans cette situation que Judith entre en scène. Veuve, femme d’une grande beauté et sagesse, elle parle au peuple avec le langage de la foi. Courageuse, elle reprend le peuple face à face (en disant) : « En réalité, vous qui scrutez les intentions du Seigneur souverain de l’univers […]. Non, frères, n’irritez pas le Seigneur notre Dieu ! Car même s’il n’a pas l’intention de nous porter secours dans les cinq jours, il a le pouvoir, lui, de nous protéger aux jours qu’il voudra, comme de nous exterminer devant nos ennemis […] C’est pourquoi, en attendant avec patience le salut qui vient de lui, invoquons-le à notre secours. Il écoutera notre voix, si cela lui plaît. » (8,13.14-15.17). C’est le langage de l’espérance. Frappons aux portes du cœur de Dieu, il est Père, il peut nous sauver. Cette femme, veuve, risque de faire mauvaise impression devant les autres ! Mais elle est courageuse ! Elle va de l’avant ! C’est mon opinion : les femmes sont plus courageuses que les hommes (Applaudissement dans la salle).

    Et avec la force d’un prophète, Judith rappelle les hommes de son peuple pour les ramener à la confiance en Dieu ; avec le regard d’un prophète, elle voit au-delà de l’horizon étroit proposé par les chefs et que la peur rend encore plus limité. Dieu agira certainement, affirme-t-elle, tandis que la proposition des cinq jours d’attente est une façon de le tenter et de se soustraire à sa volonté. Le Seigneur est le Dieu du salut – et elle y croit – quelle que soit la forme que cela prendra. C’est le salut de libérer des ennemis et de faire vivre, mais, dans ses plans impénétrables, cela peut aussi être le salut de livrer à la mort. Femme de foi, elle le sait. Et puis nous connaissons la fin, comment se termine l’histoire : Dieu sauve.

    Chers frères et sœurs, ne mettons jamais de conditions à Dieu et laissons au contraire l’espérance vaincre nos craintes. Faire confiance à Dieu veut dire entrer dans ses desseins sans prétendre à rien, en acceptant même que son salut et son aide nous rejoignent de manière différente de nos attentes. Nous demandons au Seigneur vie, santé, affection, bonheur ; et c’est juste de le faire, mais en étant conscients que Dieu sait tirer la vie même de la mort, que l’on peut expérimenter la paix même dans la maladie et qu’il peut y avoir la sérénité même dans la solitude et la béatitude même dans les larmes. Ce n’est pas nous qui pouvons enseigner à Dieu ce qu’il doit faire, ce dont nous avons besoin. Il le sait mieux que nous et nous devons avoir confiance, parce que ses voies et ses pensées sont différentes des nôtres.

    Le chemin que Judith nous indique est celui de la confiance, de l’attente dans la paix, de la prière et de l’obéissance. C’est le chemin de l’espérance. Sans résignation facile, en faisant tout ce qui est en notre pouvoir, mais en restant toujours dans le sillage de la volonté du Seigneur parce que, nous le savons, elle a tellement prié, elle a tellement parlé au peuple et ensuite, courageuse, elle est partie, elle a cherché le moyen de s’approcher du chef de l’armée et elle a réussi à lui couper la tête, à l’égorger. Elle est courageuse dans sa foi et dans ses œuvres. Et elle cherche toujours le Seigneur ! Judith, en effet, a son plan, elle le réalise avec succès et conduit le peuple à la victoire, mais toujours dans l’attitude de foi de qui accepte tout de la main de Dieu, sûr de sa bonté.

    Ainsi, une femme pleine de foi et de courage redonne force à son peuple en danger de mort et le conduit sur les voies de l’espérance, nous les indiquant aussi à nous. Et nous, si nous faisons un peu mémoire, combien de fois avons-nous entendu des paroles sages, courageuses, de personnes humbles, de femmes humbles dont on pense – sans les mépriser – qu’elles sont ignorantes… Mais ce sont les paroles de la sagesse de Dieu ! Les paroles des grands-mères… Combien de fois les grands-mères savent-elles dire le mot juste, la parole d’espérance parce qu’elles ont l’expérience de la vie, elles ont beaucoup souffert, elles ont fait confiance à Dieu et le Seigneur fait ce cadeau de nous donner un conseil d’espérance. Et, si nous empruntons ces voies, il y aura de la joie et la lumière pascale à se confier au Seigneur avec les paroles de Jésus : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. » (Lc 22,42). Et cette prière est celle de la sagesse, de la confiance et de l’espérance.

    © Traduction de Zenit, Constance Roques (Source


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